Les avocats de l’opposante béninoise Reckya Madougou ont porté plainte pour détention arbitraire de leur cliente. Ils dénoncent un «pseudo-dossier» construit pour l’évincer.
Après avoir été auditionnée à huis clos jeudi 17 juin dernier par la Criet, Reckya Madougou est retournée à la prison civile de Missérété où elle est provisoirement détenue. Ses avocats qui ont estimé n’avoir trouvé aucun fondement sur les motifs de son incarcération ont sorti une nouvelle carte. En effet, ils ont déposé une plainte pour détention arbitraire de leur cliente. Selon l’information rapportée par RFI, la présente plainte a été déposée lundi 21 juin auprès des autorités béninoises.
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Selon Me Antoine Vey, l’un de ses avocats qui a situé le contexte de la présente démarche, cette plainte dénonce « une arrestation qui est complètement arbitraire et qui confine à la séquestration ». A l’en croire, aucun élément concret ne justifie les charges retenues contre Reckya Madougou qui pour rappel, est accusée de « financement du terrorisme». « Elle s’est vu notifier des charges qui sont absurdes, de terrorisme et de mise en danger de l’État, qui ne reposent sur absolument aucun élément concret…», a-t-il fait savoir. L’avocat poursuit en déplorant que le dossier présenté par le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, est manifestement monté de toutes pièces pour faire tomber sa cliente. « Nous avons pu avoir accès au pseudo-dossier, qui a été construit uniquement pour (l’)évincer, comme cela a déjà été le cas pour d’autres personnes », a-t-il déclaré.
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Reckya Madougou faut-il le rappeler, a été arrêtée le mercredi 03 mars 2021 alors qu’elle quittait un meeting d’informations avec Joël Aïvo, lui aussi en détention à Porto-Novo. Elle est poursuivie dans le cadre d’une affaire de tentative de déstabilisation du processus électoral d’Avril 2021. Le procureur spécial de la Criet, Mario Mètonou, l’accuse d’avoir «formé le dessein de perturber le scrutin en perpétrant des actes de terreur de grande ampleur ».


