Par Astide MICHAÏ
La notion de sot métier a été longtemps clochardisé, mais son sens demeure lorsqu’il s’agit de la pratique d’une activité. Ces activités ont l’avantage de nourrir un temps soit ceux qui s’y adonnent. C’est le cas de la vente ambulante de viandes. Une activité qui malgré les risques qui l’entourent, est loin d’être non rémunératrice.
Ils sont dans toutes les rues. Piques dents et fourchette en main, trimbalant sous le bras un gros plastique la plupart du temps transparent contenant des morceaux de viande cuits au rouge, communément appelé «kpanman». Ils traversent les rues de la ville proposant leurs produits aux passants, aux bonnes dames ou à tout autre usager. Ceux-ci, ce sont les commerçants ambulants de viande, communément appelés les «lanssato» ou «kpanmamsato». Ce qui signifie dans le jargon populaire fon, une langue du Sud du Bénin, »vendeur de chair ou de viande d’animaux ».
Depuis bientôt une dizaine d’années, cette activité qui était le chou gras des commerçants en kiosques dans les marchés s’est délocalisée et se fait à portée de tout le monde. Roland Houénou, vulcanisateur à Godomey constate : « il est vrai que depuis un certain moment, ces vendeurs sont de plus en plus présents. Dans une journée, j’en vois au moins 3 défiler devant moi et me proposer leur produit ».
Du même avis, Sylvanus Togbo, chargé du gardiennage d’une entreprise de la place, fait aussi le même constat et avoue qu’il se s’approvisionne souvent chez ceux-ci. Le constat semble perçu à l’unanimité, le mobile de cette ‘’décentralisation’’ de l’activité l’est aussi. Embrassant celle-ci, la plupart des pratiquants confient que la pratique de ce ‘’métier’’ naît souvent du désir de fuir l’oisiveté d’un côté, et de l’autre, du besoin de rapprocher le produit de la population et de lui mettre à portée la denrée.

Léonard S., pratiquant de l’activité, confie qu’il s’est retrouvé dans le métier pour assurer ses besoins quotidiens. Déjà avec des talents de cuisinier et n’ayant pas eu la chance de faire une école dans le secteur, il s’y est engagé. Voyant ses mauvaises performances scolaires ajoutées au fait que l’apprentissage d’un des métiers formels n’était pas de son goût, il s’est voué à la vente du «kpanman».
Dans la même logique, un autre commerçant rencontré dans les rues de Godomey à Cotonou, lequel a préféré garder son anonymat ajoute qu’il est devenu « professionnel » de l’activité du moment où celle-ci lui assure non seulement l’assouvissement du besoin quotidien, mais lui ,permet également d’apprécier son talent de « cuistot ». D’ailleurs affirme-t-il, «le bénéfice n’est pas moindre puisqu’il gagne comme bénéfice environ 1500 à 2100 par jour.
Les revers
De même qu’il est vrai que l’écoulement de la denrée n’est pas trop tracassant vu l’intérêt de la population à sa consommation, il n’en demeure pas moins que de nombreux risquent entourent l’activité. Ceux-ci vont de la qualité de la viande, de la consommabilité de l’animal tué, des conditions de cuisines, à l’hygiène des ustensiles servant à de contenant pour le service.
Tout ces risques associés mettent à mal l’activité et ne permettent pas de la qualifier d’office saina pour la consommation. Déjà que le prix d’un morceau varie entre 50, 100 et 200F CFA et que par rapport au prix, le revenu n’est pas moindre pour les commerçants, le doute sur la qualité de l’approvisionnement plane encore plus. Une restructuration du secteur et un controle de la part des services du Ministère de la santé s’impose.

