Au Bénin, la Résistance Nationale composée d’acteurs politiques de l’opposition dite radicale a fait une déclaration ce mardi 20 avril 2021. Elle dénonce la gouvernance sous Patrice Talon. Lire l’intégralité de la déclaration.
DÉCLARATION POLITIQUE DE LA RÉSISTANCE NATIONALE
A LIRE AUSSI: Présidentielle au Bénin : la réaction de Candide Azannaï après le vote
« Tout fauteur de Démocratie est un fauteur de Paix »
Pour tous les peuples ayant eu contact avec les vertus de l’Etat de droit et ayant apprécié le lien entre dignité, liberté et humanité, tout fauteur de Démocratie est inévitablement un fauteur de Paix.
Nous demandons que tous, nous nous convainquions enfin de l’extreme radicalisation de Patrice TALON; il porte l’entière responsabilité de toutes les conséquences du mal être démocratique actuel du Bénin.
En effet, c’est Patrice TALON qui a entrepris le désorbitage macabre du Bénin de la Démocratie vers les illusions des abîmes messianiques des dictatures despotiques, intolérable contre -pieds frontal de ses engagements envers le Peuple béninois.
Par ce fait, il est pourfendeur des valeurs et des principes du Préambule et du serment de l’Article 53 de la Constitution de la République.
Nous sommes depuis le 11 avril 2019, dans un coup d’Etat permanent dont le premier coup de force rocambolesque est la confiscation du pouvoir législatif par une série de forfaitures constituée d’une panoplie de lois iniques et liberticides, du certificat dit de conformité. Puis après, la voie ouverte à la falsification nocturne de la Constitution à l’effet de la confiscation du pouvoir et de l’exercice hors délai constitutionnel du pouvoir personnel.
Depuis 2016, à chaque élection, au nom de prétendues réformes politiques incongrues et inopérantes , Patrice TALON recourt à la force et à l’utilisation des armes à feu occasionnant terreurs, exils, emprisonnements, désolations, morts et deuils au sein des populations dans le seul et unique dessein, je l’ai dit en mars 2019, de confisquer l’alternance au pouvoir en 2021 et d’humilier en échange ses adversaires politiques retenus en prison ou poussés à l’exil tels des otages par la dispensation hautaine de « grâce présidentielle »…
Le monde entier découvre qu’au Bénin, le pouvoir dit de la rupture est incarné par un exclueur , un exileur , un bannisseur , un démolisseur – casseur des ateliers et lieux de commerces de pauvres dames, de petits gens, un affameur du peuple, un receleur de résultats de fraudes électorales, un moqueur de travailleurs et des syndicats – auteur de l’expression « vous allez en souffrir mais vous ne pouvez rien faire» – un abrogateur de droits politiques et sociaux, droit de grève en l’occurrence, un salisseur du prestige national traitant le Bénin de « désert de compétences et de pays de pagailles … ».
Au terme de son mandat constitutionnel, Patrice TALON est incontestablement un dictateur, minoritaire et impopulaire, prédateur des Acquis de la Conférence Nationale pourtant fondatrice de la République du Bénin.
Depuis le 06 avril 2021, Patrice TALON est manifestement dans une posture de Président auto – proclamé . Et plus grave , de celui de chef de guerre sanguinaire, au regard des confessions de Monsieur AGBENONCI, membre de son « gouvernement de fait » qui a déclaré publiquement qu’un tel personnage Patrice TALON, sous un tel statut illégitime et hors mandat , « a donné l’ordre à l’Armée de l’utilisation de tous les moyens … » dans la répression mortelle des manifestations politiques hostiles à toute prolongation du mandat présidentiel déjà clos le 05 avril 2021.
La Résistance Nationale, ne reconnaît aucune initiative du pouvoir dit de la rupture exorbitante au 05 avril 2021, date de fin de mandat de Patrice TALON en tant que Président de la République. Toutefois, la dernière parodie électorale visant au maquillage de la confiscation de l’alternance au sommet de l’Etat, a montré aux yeux du monde entier le rejet massif de Patrice TALON dont l’indice de popularité électorale intrinsèque est en dessous de 5% y compris bourrages, fraudes généralisées, dans un contexte de militarisation de la vie politique et publique.
Comme on pouvait s’y attendre et à son habitude, le pouvoir rejeté, illégitime et anti – constitutionnel de Patrice TALON s’engage dans la stratégie de diversion propre à toute les dictatures; le recours au complotisme sur fond de stigmatisations et de recherche de boucs émissaires, l’invention des ennemis du Peuple.
C’est la marque de fabrique des dictateurs en mal de repères.
Les accusations de terrorisme, les théâtres tardifs à l’hôpital des Armées à Cotonou, les diverses mises en scène avec des décors figuratifs loués ou forcés pour célébrer le « triomphe » de la fraude et de l’impopularité, les accusations et propos intempestifs de certains commis ministériels vouant aux gémonies les adversaires politiques traités à l’aide de concepts approximatifs et gauchement agités comme apatrides, renégats…
A croire, que les fils ou héritiers des tortionnaires de la dictature militaro – marxiste-léniniste du PRPB de triste mémoire ayant servi chez nous entre 1972 et 1990, seraient en train de prendre impunément leurs revanches sur le Renouveau démocratique béninois et contre les valeurs et principes de la Communauté internationale.
Triste passé politique en République du Bénin , la gestapo est là, de retour hélas ! Le temps des purges politiques par des rapts de personnalités politiques par des hommes en cagoule et en pleines rues pour la BEF, la CRIET, les geôles du pouvoir dont la prison de MISSERETE, bat son plein.
Une sordide manœuvre est mise en branle par Patrice TALON à l’effet de musèlement total de toute voix dissonante.
L’emballement des missions diplomatiques dans les montages complotistes qui rappellent le mode opératoire des dictateurs pré – discours de la BAULE en Afrique au Sud du Sahara.
Il est une constance que l’intensité expressive d’une conséquence, sa profondeur, sa persistance ou sa résurgence poussent généralement à interroger sa cause , son déclencheur qui renseignent mieux sur la situation en cours que les conjectures justificatrices du provocateur ou du provoqué.
Le provocateur est Patrice TALON et le provoqué est la Démocratie. La situation du Bénin est une mise à mal sans précédent de la paix et de la cohésion nationales jamais connue depuis 1990.
Patrice TALON n’a aucun droit , aucun pouvoir de s’attaquer à la Démocratie au point de vouloir imposer par les armes le retour à un ordre dictatorial et despotique au Bénin.
Aucune réforme tendant à modifier le pacte de la Conférence Nationale ne peut être engagée au Bénin sans recourir à une Nouvelle Conférence Nationale à moins de recourir au Consensus national , principe à valeur constitutionnelle établi dans le bloc constitutionnel.
La détestation de Patrice TALON par les populations est quasi générale et fait de lui, le Président le plus haï de notre histoire contemporaine.
En prenant le pari d’un État terroriste et voyou ( selon ses propres critères ), on prend le risque de l’explosion de violence lorsque les frustrations franchissent le seuil de la désespérance.
Au nom de quel développement, de quel asphaltage, de quel record de production de coton ( curieusement un des piliers de ses propres affaires officiellement antérieures mais détenu par ses proches ), on doit s’attaquer à la Conférence Nationale de février 1990, en allant jusqu’à qualifier cette assise véritablement nationale post – indépendance et fondatrice de la République du Bénin de « poison pour notre pays » ?
Pour tout démocrate authentique et pour la Résistance Nationale, la violence n’a jamais été un début de solution pour qu’il soit espéré qu’elle puisse être la solution face au terrorisme d’Etat du pouvoir dit de la rupture. La violence est la pire des options qu’elle soit l’œuvre d’un État déviant aux abois que victimes frustrées aux portes de la désespérance.
Nous avons toujours enseigné et insisté que prendre l’option de la violence, c’est littéralement tombé dans le piège du despote, ce qui équivaudrait à offrir à la dictature l’arme dont elle rêve pour jeter le masque et s’adonner à son art sanguinaire et à sa barbarie aveugle.
Souvenons-nous tous que TALON est dans une préméditation d’une gouvernance de désordre qu’il a pensée et planifiée en comptant sur la force militaire et les armes à feu avec un scénario tout aussi planifié de débarquements militaires avec l’ordre de tuer face à l’exacerbation des manifestations populaires hostiles à tout exercice de pouvoir personnel.
Les propos de Patrice TALON dans le Zou laissent assez de lecture sur son inclination à recourir aux armes plutôt qu’au dialogue en politique.
Les déclarations multiples et non concordantes entre lui et plusieurs de ses proches politiques laissent également assez d’indices factuels sur les manœuvres de maquillage des exactions consécutives à la récurrence des invitations militaires intolérables dans un conflit politique interne et civil .
Un cafouillage sur le nombre de morts au sein des paisibles populations et une sinistre indifférence à leurs endroits et aux endroits des victimes innocentes et de leurs proches : ce n’est pas cela la République, ce n’est pas cela la Fraternité inscrite au fronton de notre République.
Quels problèmes causés par le faux prétexte des fausses réformes mortifères, par le recours à l’instrumentalisation de la justice, de l’administration, par le recours aux forces militaires et à l’utilisation des armes à feu, les parodies électorales ont réglé ?
Aucun.
Quels problèmes a – t – on pu régler au Bénin de cette manière depuis 1960?
Aucun.
Les intimidations, les exils, les arrestations, les prisons ne serviront à régler aucun des problèmes politiques, économiques, psycho – sociologiques, sociétaux et même diplomatiques exclusivement causés par le pouvoir dit de la rupture dont Patrice TALON porte l’entière responsabilité.
Les griefs du peuple contre Patrice TALON demeurent et restent entiers; la résistance pacifique et non violente, reste totale et plus que jamais un impératif patriotique .
La Résistance Nationale condamne les rafles en cours des personnalités politiques hostiles au pouvoir illégitime de Patrice TALON.
La Résistance Nationale appelle toutes les populations résistantes afin qu’elles intensifient la lutte de résistance pacifique et non violente jusqu’à, la libération sans condition de tous les hommes politiques otages de Patrice TALON, l’arrêt des poursuites et rafles, l’annulation de toutes les décisions de justice à relents politiques, la décrispation générale du climat politique, le retour de tous les exilés, le rétablissement de l’image d’un pays pionnier de la Démocratie que fut naguère la République du Bénin.
La Résistance Nationale dénonce l’auto – victimisation du pouvoir despotique de Patrice TALON et condamne ses diversions complotistes tendant d’une part à opposer les populations qui lui sont hostiles à l’Armée, d’autre part à diaboliser les leaders politiques hostiles à ses dérives dictatoriales aux yeux de la Communauté internationale par des tentatives de manipulation du corps diplomatique.
La Résistance Nationale appelle à la vigilance des uns et des autres.
En dehors d’une petite poignée de quelques officiers félons, mafieux en quête de galons politiques, accrocs aux business et à la gâchette facile, assoiffés de sang et en permanence sous hallucinogènes, notre Armée est une référence du professionnalisme militaire, une des plus républicaines au sud du Sahara et considérée par la Communauté internationale.
La Résistance Nationale attache du prix à la préservation de l’image et de l’honneur de l’Armée béninoise qui devra s’efforcer de ne pas se muer en soldatesque au service d’une dictature despotique en errance terroriste contre les paisibles populations béninoises.
La Résistance Nationale s’indigne et rejette toute synonymie du pouvoir dit de la rupture, tendant à confondre de manière orientée, terrorisme et opposition politique.
Pour cause, le plus extrémiste vandale lors des manifestations politiques mêmes les plus violentes contre les dérives despotiques d’un État terroriste et hors la loi, ne sont pas des terroristes au sens de l’entendement commun du mot terroriste rapporté aux labels du terrorisme que sont les Al Qaïda, l’EI, l’AQMI, Boko Haram etc.
La Résistance Nationale réaffirme avec certitude que la rupture est dans une impasse totale et qu’il est pour le Peuple résistant debout un devoir impérieux et sacré de rétablir la Démocratie et de renouer avec l’Etat de droit ainsi qu’ils sont établis jusqu’au 06 avril 2016 à la prestation de serment de Monsieur Patrice TALON dont le seul et unique mandat démocratique a pris fin depuis le 05 avril 2021 à 24 heures.
La Résistance Nationale salue le combat héroïque pacifique et non violent du Peuple résistant debout et la cinglante raclée politique qu’il a donnée hors les urnes dans le calme et la discipline à la bande de minables et impopulaires aventuriers politiques du pouvoir dit de la rupture à l’occasion de leur « propre prétendue élection présidentielle du 11 avril 2021. »
La Résistance Nationale , apporte soutien et solidarité aux personnalités et activistes politiques embastillés par l’arbitraire du pouvoir dictatorial dit de la rupture que sont parmi tant d’autres, Laurent METOGNON, Jean Alexandre HOUNTONDJI, Joseph TAMEGNON, Ali HOUDOU, Jean KPOTON,Ferdinand COMBETTI, Joël AIVO, Garya SAKA, Reckya MADOUGOU, Leopold GLIN,etc.
Résister est le plus grand devoir patriotique face à la gouvernance par la terreur du pouvoir despotique et dictatorial dit de la rupture.
A l’appel au devoir de résistance pacifique et non – violente , Peuple résistant debout jusqu’à la victoire.
La Victoire nous attend, allons en en rangs serrés vers la Victoire.
La Coordination Nationale de la Résistance Nationale
Cotonou, le 20 avril 2021
Candide A M AZANNAÏ.

