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Burkina-Faso: «Il va fuir pendant combien de temps?», Mariam Sankara à propos de Blaise Compaoré

Trente-quatre ans après l’assassinat de son mari, la veuve de Thomas Sankara, a livré ses attentes sur le procès des accusés qui devrait s’ouvrir le lundi 11 octobre dernier, mais finalement reporté au 25 octobre prochain. Dans un entretien dimanche 10 octobre dernier sur RFI, Mariam Sankara s’est notamment interrogée sur l’attitude du principal accusé Blaise Compaoré, actuellement en exil en Côte d’Ivoire.

 

Mariam Sankara attend simplement que le procès de l’assassinat de son mari se déroule en toute transparence. Et pour cela, elle souhaite que chacun des quatorze accusés dise clairement au peuple burkinabé, le rôle qu’il a eu à jouer dans ce coup d’État qui a couté la vie au célèbre dirigeant révolutionnaire. «Je souhaite vraiment que ce procès ait lieu et qu’il serve d’exemple pour qu’on ne tue plus impunément au Burkina Faso et dans d’autres pays», a t-elle confié dans un entretien dimanche à RFI.

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En ce qui concerne Blaise Compaoré le principal accusé dans cette affaire, le numéro 2 du régime  sous Thomas Sankara et qui ne sera pas présent à ce procès en raison de son absence du territoire burkinabé, la veuve n’y est pas allée du dos de la cuillère. « C’est regrettable », a laissé entendre Mariam Sankara avant d’ajouter que «pour avoir été responsable même du pays, il devrait assumer ses actes. Parce que fuir… Là, cela ne résout pas les problèmes. Il va fuir pendant combien de temps ? Il faut qu’il ait le courage d’assumer ses actes et de répondre à la justice burkinabè !»

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Allusion faite au président ivoirien Félix Houphouët-Boigny

Selon la veuve de Thomas Sankara, la rumeur nourrie par certains africains qui pensent que le président Félix Houphouët-Boigny ait agi de concert avec quatorze accusés dans cette affaire semble trouver un fondement. Car confie-t-elle, «la révolution n’était pas appréciée par beaucoup de pays alentours, donc beaucoup de choses étaient faites pour déstabiliser le régime». Mariam Sankara est par ailleurs, revenue sur l’hospitalité que la Côte d’Ivoire dirigée par le président Alassane Ouattara, a offerte à Blaise Compaoré. «Je pense que la Côte d’Ivoire, quand même, ne devrait pas recevoir sur son sol quelqu’un qui est recherché par la justice. Faire cela, c’est quand même une manière de favoriser aussi l’impunité des citoyens», a-t-elle déploré.

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Assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou, Thomas Sankara est le «père de la révolution burkinabè». Durant quatre années, il a mené à marche forcée, une politique d’émancipation nationale (qui passe par exemple par le changement du nom de Haute-Volta issu de la colonisation en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui est un mélange de moré et de dioula et signifie Pays [ou Patriedes hommes intègres), de développement du pays, de lutte contre la corruption ou encore de libération des femmes.

Taïrou Cissé

Journaliste, Correspondant Africaxó au Sénégal.

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