En RDC, une nouvelle tension est née au sein du Front Commun pour le Congo (FCC), la coalition au pouvoir à la suite des ordonnances présidentielles nommant des magistrats et des militaires.
Dans un communiqué rendu public, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le Premier ministre congolais, a exprimé son mécontentement pour n’avoir pas été informé de la prise de ces ordonnances. Sa famille politique dénonce une violation de la Constitution. Ces ordonnances avaient été contresignées par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur qui assumait l’intérim du chef du gouvernement qui, lui, était en déplacement à Lubumbashi. Et l’appartenance de l’intérimaire au camp du président de la République pose problème, à en croire la famille politique de Joseph Kabila.
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Pour les membres du FCC réunis mardi soir, le contreseing du Premier ministre constitue, au-delà de sa nature juridique, le gage des équilibres des pouvoirs entre le président et le Premier ministre qui est l’émanation de l’Assemblée nationale. Par la voix de Willy Makiashi, le FCC accuse. « Toutes les ordonnances n’ont été proposées ni par le gouvernement ni par l’assemblée générale du Conseil supérieur de la magistrature, selon le cas. Encore moins délibérées en Conseil des ministres. On constate par ailleurs que le Conseil supérieur de la Défense n’a pas été consulté. »
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Le général John Numbi, un des piliers du régime Kabila, se retrouve sans affectation après ces ordonnances présidentielles. Mardi, il a reçu le soutien des notables du FCC originaires du Grand Katanga. Au cours d’une excursion organisée sur le domaine privé du général, situé à 45 kilomètres de Lubumbashi, ces notables ont estimé que le haut gradé a subi « une humiliation ».

