Le fondateur du laboratoire d’idées citoyen WATHI, Gilles Yabi, a prévenu la jeunesse béninoise, contre la poursuite d’une “gouvernance autoritaire” du Président Patrice Talon. Dans une tribune d’opinion publiée sur le site d’informations sénégalais Seneplus Opinions, il s’est interrogé sur plusieurs aspects de la gouvernance du Chef de l’Etat réélu pour un second mandat.
Gilles Yabi semble savoir déjà quel est le type de gouvernance que Patrice Talon va appliquer au cours de son second mandat. En effet, résidant au Sénégal, ce béninois, fondateur du laboratoire Wathi s’est étonné de l’adhésion de plusieurs jeunes cadres béninois à la gouvernance de Patrice Talon durant son premier quinquennat. Selon lui, ces derniers ne « semblent pas s’inquiéter du recul des libertés, de la disparition de tous les contre-pouvoirs et de ce que cela pourrait signifier pour les cinq prochaines années…et encore davantage pour l’après ».
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“Instauration d’un climat de peur”
Le fondateur du laboratoire Wathi, sans citer des exemples patents a semblé déploré la situation tendue qui prévaut entre le pouvoir central et les forces de l’opposition. Considérant qu’il est important de prévenir maintenant avant que le Bénin «n’aille plus loin», Gilles Yabi, cité par LNT, s’est demandé si on « est vraiment obligé d’instaurer un climat de peur digne des régimes autoritaires pour construire des routes, pour améliorer l’accès à l’eau, à l’électricité, pour créer des cantines scolaires, pour digitaliser l’administration ».
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Patrice Talon laissera-t-il un pays en paix?
La vague d’arrestations observée dans le rang de certains opposants au régime après les élections présidentielles du 11 avril 2021, a également retenu l’attention du béninois résidant au Sénégal. Ainsi, et sans citer de noms nommément, il s’est interrogé sur les cas de Reckya Madougou, Alexandre Hountondji, et Cie. Ces derniers pour rappel, sont accusés par la justice béninoise de faits d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de terrorisme, etc. et séjournent actuellement en prison. Ce qui certainement, a amené le fondateur du laboratoire Wathi à se demander si c’est le bon moment « pour voir des terroristes partout dans le champ politique alors que le pays partage avec ses voisins du Nord, le Burkina Faso et le Niger, des espaces frontaliers où circulent des gens qui ressemblent beaucoup à de vrais terroristes ».
Plus loin, il se demande si Patrice Talon à la fin de son second et “a priori” dernier mandat, laissera un pays en paix avec des institutions solides et une société plus soudée.


