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Sommet de Paris: Face-à-face, le plan Wadagni contre la vision des “annulationnistes”

Présent à Paris où il représente son pays, le ministre béninois de l’économie et des finances, Romuald WADAGNI, arrive au Grand Palais Éphémère ce jour, comme une voix dissidente dans le concert de l’Union Africaine qui appelait en chœur, il y a un an, à l’annulation de la dette des pays africains comme principale piste de sortie de crise.

 

Mais il vient aussi, auréolé des retombées d’un choix économique qui a distingué son pays et fait de lui un as incontesté dans le cercle des finances africaines.

L’intitulé même du SOMMET DE PARIS_ auquel la participation du Bénin est certifiée par des échanges de courriers diplomatiques invitant le « Quartier Latin »_ sonne en lui-même déjà comme la consécration de la vision WADAGNI:

« Sommet sur le financement des économies africaines ».

Financer, on le sait, par définition, c’est injecter des ressources.

Dans la pratique, ou l’on prendrait à Paris, ce jour, la résolution, a minima, d’annuler la dette, de l’alléger ou d’accorder un moratoire au service de la dette des pays africains ; ou alors, l’on privilégierait l’option d’une économie africaine qui se dispose à affronter la crise, courageusement, en convenant de nouveaux moyens de financement qui pourraient insuffler de l’oxygène dans l’économie de chacun des 54 pays de l’Union.

Tandis que nombre de pays africains abordent le millésime 2021 en état frileux, avec une courbe récessive et des macro-économiques perspectives pessimistes, l’économie béninoise, résiste aux chocs et émet étonnamment des signaux verts qui auront permis, ces deux dernières années, le maintien d’une croissance positive et le passage du pays dans la catégorie des Pays à revenu intermédiaire.

En rejetant l’option de l’annulation de la dette, le Bénin voit se maintenir et s’améliorer sa note de souveraineté, renforçant sa qualité de client crédible et solvable sur le marché de levée de fonds, dans le temps même où nombre d’économies africaines dégringolent et sombrent dans une asphyxiante paralyxie.

Ces deux dernières années, le Bénin a été honoré et distingué par le Magazine Financial Africa, à travers la personne du quadragénaire Romuald WADAGNI, élu meilleur ministre africain de l’économie.

Face à la COVID-19, ènième facteur déstabilisant, le Bénin s’est montré, l’an dernier, résilient; et les différentes mesures d’accompagnement prises par le gouvernement au profit des secteurs les plus touchés, auront atténué significativement l’effet d’un mal promis pour décimer l’Afrique.

Il faut l’entendre, le choc est réel; mais l’Afrique résiste déjà mieux que prévu ; et si les autres économies du continent s’avisaient de se mettre à l’école du Bénin, en priorisant les options osées d’injection de nouvelles ressources dans leur économie, elles gagneraient le pari de maintenir actifs les agents économiques, de contenir la courbe du chômage et de réaliser, à l’occasion, de nombreuses infrastructures essentielles au développement et à la relance. L’option de Droits de Tirages Spéciaux, de encadrée, pourrait par exemple être envisagée.

Longtemps, l’on avait réclamé un Plan Marshall pour l’Afrique.

Sauf un coup de fouet à la consommation, les économies africaines, faute d’oxygène, sont gravement exposées à l’essoufflement; et une politique des grands travaux à haute intensité de main d’oeuvre comme s’y attèle le Programme d’Actions Gouvernement du Bénin, justifie toute sa pertinence ; à condition d’avoir des gouvernements responsables et des ministres des finances, rigoureux, bien avisés des questions relevant de leur ressort départemental, et déterminés à rationaliser les dépenses publiques.

Présent à Paris ou non, la question ne se pose même pas, et les échanges de courriers diplomatiques entre l’Ambassade du Bénin, à Paris, par le biais du Premier Conseiller, mon camarade à l’ENA, Bruce Angelo DAN, et le Quai d’Orsay, représenté par Jacques Jacques Jouslain de NORAY, ne laissent planer aucun doute sur la participation du Bénin.

Plan WADAGNI ou Plan « ANNULATIONNISTES » quelle option triomphera à l’issue des travaux de Paris?

Telle est la question.

Constantin Amoussou

Africaxó

Média Panafricain d'Informations générales, d'Analyses, d'Investigations et d'Annonces

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